14 décembre 2009

Lettre ouverte au robinet de la salle de bain

Cher robinet,


Nous sommes mardi matin, il est tout juste six heures et, comme toujours ces derniers mois, j'ai très mal dormi. Et que m'importe ? Me diras-tu. N'essaie pas de te cacher derrière cette indifférence, ta froideur n'est que de surface, et je suis bien placé pour savoir que tu es beaucoup plus fragile qu'il n'y paraît.

Il faut, cher robinet, qu'entre nous les choses soient claires : si mon sommeil est perturbé, si mes nuits sont plus blanches que les jours de n'importe qui d'autre, c'est à cause de toi. Je t'écoute depuis ma chambre et tout ce que j'entends me turlupine, je me tourne et me retourne dans mes draps avec toujours en tête la même question : pourquoi, mais pourquoi fuir ?

Cher robinet, à force de consacrer mes insomnies à t'écouter goutter, j'en suis arrivé à cette conclusion : la fuite n'est pas une solution. Je ne suis d'ailleurs pas seul à le penser, le plombier que j'ai contacté en janvier est du même avis, peut-être viendra-t-il en juin pour tâcher de t'en persuader. D'ici là, nous devons essayer de trouver ensemble un compromis à cette situation.

Nous savons tous les deux que tes états d'âme de robinet me resteront à jamais étrangers, tous comme les miens te demeureront inaccessibles, mais il faut malgré cela que tu trouves en toi la force de ne plus te répandre. Je veux bien t'y aider encore une fois, mais sache que, si je puis changer un joint ou resserrer un boulon, je n'ai pas le pouvoir de colmater les brèches profondes que je pressens dans ton cas.

Alors, je t'en prie, cesse de fuir : fuir, c'est partir un peu. Ou beaucoup, quelquefois. Sache en effet que ta fuite en a entraînées d'autres, à commencer par celle de ma femme. La faute, sans doute, ne t'en incombe pas entièrement, car nous nous fuyions depuis déjà quelques années, notre amour se débinait par toutes les fissures qu'il pouvait trouver dans notre couple, pour finir il ne suintait plus qu'à peine, et encore fallait-il nous presser fort l'un contre l'autre pour parvenir à en extraire encore un peu qui ne fût pas que le souvenir de lui même. Tu auras été pour nous la dernière goutte, car ma femme, à force de t'entendre, m'assurait que tu l'exhortais, toi aussi, à la fuite.

Mélanie ensuite, puis Isabelle, Pauline et Laetitia n'ont pas supporté d'entendre, nuit après nuit, ton petit plop aigu répété mille fois. « Il fuit, me disaient-elle, il faut faire quelque chose ! » J'ai essayé. J'ai vissé, dévissé, resserré, je me suis penché sur ton cas comme personne auparavant, j'ai souvent cru mettre le doigt sur le nœud du problème sans qu'il en soit rien et toi, pendant ce temps, insensible à tous mes efforts, tu fuyais de plus belle et elles aussi, arguant qu'elles ne dormaient plus, et que je les négligeais. Que j'étais un incapable. Un impuissant.

Te souviens-tu de Nathalie ? Avec elle, ce fut différent : elle refusait à ce point de t'entendre qu'elle avait décidé, dès le premier soir, de ne plus dormir qu'avec des boules Quiès. Jamais elle ne t'a prêté l'oreille. C'est certainement cette indifférence obstinée à ta fuite désespérée qui faisait la force de cette jeune femme. Cette fois, c'est moi qui lui ai demandé de partir. J'étais seul à t'entendre tandis que nous dormions côte à côte, et je la trouvais cruelle quand, au matin, elle m'offrait ses traits reposés et son sourire de gamine. Et toi, pendant ce temps, tu continuais de fuir, inexorablement. Je lui en ai voulu, et à toi aussi.

Cher robinet, cela ne peut plus durer. Tu dois te ressaisir, faire face enfin à ton destin de robinet, car tu auras beau fuir, ici ou ailleurs tu ne seras jamais qu'un robinet. En plus, tu commences à rouiller.

Cher robinet, je ne sais pas si j'ai trouvé les mots pour endiguer ta fuite ou tout au moins la ralentir, mais je me sens mieux d'avoir essayé.

Quoi qu'il en soit, demain, j'écris au plombier. Et celui-là, crois-moi, il va m'entendre.

 

Emmanuelle Urien


13 décembre 2009

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vera - 3.jpgJ’avais la carte en poche et le panier à la main, je m’apprêtais, après quelques emplettes, à être le suivant de celui que je suivrais pour passer à la caisse, au suivant!.., il me restait à trouver un petit accessoire et, pour cela, me glisser dans la tête d’un chef de rayon probablement très ordinairement intelligent, afin de deviner sa logique, trouver l’endroit saugrenu où son esprit tordu avait bien pu envisager de ranger une si petite chose. J’errais, en un mot, me disant qu’il ne se pouvait pas qu’ici je ne trouve pas une bricole aussi commune. J’errais, à peu près dans le même état que lorsqu’on a égaré ses clés et qu’on a compris qu’on ne pouvait plus les retrouver que dans sa tête. J’en étais presque à m’insulter de cette stupidité, de ma myopie chronique, de mon sens de l’ordre si peu conventionnel. Je ne trouvais pas. Le hasard voulut que je vous rencontre. Le hasard, n’est-ce pas. Ne pas trouver, tournoyer, rêvasser et, pour finir, tomber face à vous. J’ai immédiatement vu votre regard se figer sur moi. Instant fugace qui accrocha immédiatement un sourire à mes lèvres. Il est rare de voir aussi nettement le trouble qu’on créée chez une femme. Et vous, qu’avez-vous vu sur mon visage, à ce moment incandescent?  A partir de cette seconde, vous avez perdu toute contenance. Regards circulaires, pas désordonnés, demi tour, à gauche, à droite. Me regarder mais ne pas avoir l’air de le faire, ne pas me perdre de vue. Vos mouvements intempestifs me donnaient à voir votre corps dans son entier, ce que vos vêtements légers en laissaient voir, toutes les facettes. Séduisante, vraiment. Mince, souple, gracieuse, fragile, exposée. Beaucoup de charme. Nous n’étions plus dans un magasin. La savane, peut-être. Un lion, une lionne. Un terrain vague. Une chatte, un chat. Je me suis décidé à vous suivre. De loin, sans en avoir l’air. Aussi peu crédible que vous, qui continuiez de vérifier, par dessus votre épaule, si j’étais encore là. Je voyais à votre raideur imperceptible, une certaine maladresse, vos légères hésitations dans la marche, que mon regard sur votre dos, vos reins, vos jambes, vous faisait l’effet d’un  rayonnement incendiaire. Je regardais vos très jolies fesses, leur lent balancement fascinant, vos mollets à peine contactés par la présence de talons assez hauts, vos chevilles d’une finesse délicieuse. Les chevilles fines ont toujours été pour moi l’indice d’une délicatesse de l’être entier. Comme le sont aussi les poignets graciles. Je vous ai suivie ainsi des kilomètres. Jusqu’au moment où vous avez pris à droite, rayon café, thé, confitures. Dans un élan quelque peu puéril, j’ai pris la suivante, biscottes, pain de mie, couru tout au long du rayon, repris à droite pour me retrouver face à vous. Vous étiez tournée, me cherchant probablement du regard et puis êtes revenue vers moi. Cette fois, la stupeur vous a prise, quasi paralysée. C’était maintenant ou jamais. Tout était tendu dans l’air autour de nous. J’ai marché jusqu’à vous rejoindre presque. Nous nous sommes arrêtés. Vos yeux me mangeaient. Je percevais les battements de votre coeur affolé, votre souffle haletant, presque apnéique. Dans mon corps, même remue-ménage. Quatre, cinq, dix secondes, une minute, trois heures. Un mouvement, un seul, et la digue cède, le flot nous emporte, nous venons de changer de vie. Vos yeux dans mes yeux, votre être déjà abandonné, mon corps tout entier dans le désir de vous. Presque le délice d’un baiser, du contact charnel, mais à distance. Autant de trouble. Et puis rien. Pour cela, il m’aurait fallu le courage, un peu plus de virilité, peut-être, à vous, moins de principes. Mon regard vous a quittée, j’ai souri et je suis passé. Une caisse libre m’attendait. Je n’ai jamais trouvé l’accessoire que j’étais venu chercher.

Pascal Pratz

12 décembre 2009

Journal de bord d'une précaire installation

 

gravier_et_galets[1].jpgIl s’agissait, voilà l'affaire, d’un petit caillou de castine, intercepté entre la Chine et l’Italie, qui avait malencontreusement atterri au fond de mon godillot. Le pauvre se faisait écraser sous la protubérance de mes orteils, ce qui explique ses chuintements désespérés. Le petit caillou n’avait pas la langue dans sa poche, et une fois dans le creux de ma paume, il entama un monologue très légèrement imposant. Bien sur, je le comprends, toute la sainte journée sur la route, dans les remugles de mes pieds, il y avait de quoi s’énerver et à présent de quoi se plaindre, mais un tel soliloque ! Tout de même ! Les miettes ont des prétentions de farine ...                                                       

11 décembre 2009

1. Le dialogue est essentiel (hear ?)

A lire des deux oreilles...
podcast
Avec la voix d'Emmanuelle Urien

10 décembre 2009

M... comme Mamelle

sein.JPG

M comme… MAMELLE

 

 LES MAMELLES ET LE LAIT DE LA FEMME

Les mamelles avant l’allaitement : Les mamelles sont placées sur la région avant de la poitrine qui s’étend de la 3e à la 7e côte. Elles sont hémisphériques, ferme et élastiques chez les jeunes filles ; elles deviennent quelquefois très molles après plusieurs allaitements, surtout lorsqu’on n’a pas eu soin de les soutenir suffisamment à ce moment. Le volume, qui et de 10 à 11 centimètres de hauteur sur 12 à 13 de largeur et 5 à 6 d’épaisseur, s’accroît pendant la grossesse et atteint son maximum au cours de l’allaitement.

Les mamelles pendant l’allaitement : Très rapidement après l’accouchement, chez les femmes qui ont déjà eu plusieurs enfants, le second ou le troisième jour chez celles qui en ont pour la première fois, les mamelles augmentent de volume et de consistance, deviennent alors dures, lourdes, et leurs dimensions peuvent devenir le double ou le triple de celles prises avant la grossesse. Le doigt y fait paraître, en pressant à leur surface, de petites nodosités constituées par les lobules formés pur les glandes du sein. Si ce gonflement est trop considérable, il devient gênant et même un peu douloureux ; la femme est obligée d’écarter les bras du corps.

Le volume des mamelles n’est en rapport ni avec la taille, ni avec la constitution de la femme, et, de gros seins n’indiquent pus forcément une sécrétion abondante, car la graisse peut masquer une insuffisance de la glande.

Les mamelles sans et après l’allaitement : Pour Testut, si les femmes aisées des villes ont moins d’aptitude à l’allaitement, l’éducation intellectuelle en est la cause ; elle dérive vers le cerveau une partie des éléments destinés au développement des organes génitaux et de ses annexes. D’autre part, quand plusieurs générations de femmes ne nourrissent pas, les seins s’atrophient.

Après l’allaitement, l’organe subit une diminution importante, mais temporaire, en cas de nouvelle grossesse. Cette atrophie devient plus tard définitive au moment de la cessation des règles (ménopause).

Pour élever les nourrissons, 1907
Dr Galtier-Boissière

Stéphane

09 décembre 2009

Sainte Gudule-la-mare

Chapitre XIII

L'instituteur

 

documents 175.jpgMonsieur Lenôtre évoquait plutôt un maître d'école d'autrefois qu'un professeur des écoles. Les enfants du pays, année après année, terminaient la classe de CM2 en sachant très bien lire et écrire. Les proviseurs des collèges de la région se félicitaient d'inscrire en 6eme les anciens élèves de ce maître éminent dans leurs établissements. Tout le monde, à Sainte Gudule, connaissait et respectait ce pédagogue exemplaire. La cinquantaine souriante, un regard attentif, une voix basse qui contraignait les enfants à se taire pour entendre la leçon du maître. La douceur de cet homme en imposait davantage que les vociférations d'un autre.
Deux jours après la promenade à Lourant, il racontait à sa femme ce qu'il savait des évènements.
- Tu imagines, Mariette, la petite révolution à la brigade, suite au récit du Maire ! Et la tête de Gélinotte ! L'enquête était gentiment assoupie et personne ne s'attendait à apprendre brusquement où était le bénitier, et à qui il appartenait !
- A-t-il déjà pris une décision, ce brave Gélinotte ?
- Oh ! Oui !... Il a eu une journée dingue ! Et Lacoste, son bras droit, tu sais ce grand type avec une tête de bon chien, m'a raconté, par le menu, la journée de son chef... Apporte-nous une petite bière et je te raconte la suite... Merci ma chérie... Hier matin, Gélinotte a foncé au château de Grainville, au volant du break de la gendarmerie...
- Il avait téléphoné avant, je suppose ?
- Non, tu penses ! Qu'est-ce que tu fais de l'effet de surprise ? Quand il est arrivé, le châtelain terminait son petit déjeuner... Châtelain, il faut le dire vite. C'est un gros commerçant, au propre comme au figuré, très étonné de trouver un gendarme à la grille du parc, à cette heure-là. Gélinotte salue et expose en quelques phrases la raison de sa présence... Le père Machin... Estorel, je crois... Remis de sa surprise, le prie d'entrer et de s'asseoir dans un bureau au rez-de-chaussée.
- Et alors ?
- Dès qu'il a compris qu'il s'agissait de la vasque où s'ébattaient les colombes et que cette vasque était un bénitier volé dans une église, il a fourni des explications simples et claires.
- C'est-à-dire ?
- C'est-à-dire qu'un homme de confiance de l'archevêché de Besançon avait téléphoné en expliquant que le diocèse s'apprêtait à vendre certains objets du mobilier des églises dont il était propriétaire... Disons que ces objets ne convenaient plus en raison de leurs tailles ou de leurs caractères inesthétiques.

A tout hasard, il proposait à Grainville, un coquillage du Pacifique de très grande taille. Il suggérait de l'utiliser comme aquarium pour des poissons exotiques, ou comme jardinière de plantes rares.
- C'était bizarre comme démarche ! Il ne s'est pas méfié ?
- Si. Un peu au début... Mais ensuite, l'homme lui avait rendu visite... Un homme d'une soixantaine d'année, en moto, moustachu, vêtu de cuir noir... Une voix distinguée... Il avait tendu une lettre de l'évêque, ce qui l'avait rassuré. L'affaire s'est faite à quel prix ? Lacoste ne le sait pas. On le saura plus tard... Estorel a eu en mains dans un premier temps une série de photos. Sa femme a été emballée. Elle imaginait facilement la belle baignoire pour les oiseaux blancs, posée à cru sur la pelouse ! L'homme a livré ponctuellement le gros coquillage dans une camionnette de location. Estorel a ajouté qu'il n'en savait pas plus, qu'il était désolé de se retrouver en situation de recel involontaire et de savoir que la justice ne tarderait pas à le poursuivre, en dépit de sa bonne foi.
Le jour même de la conversation des époux Lenôtre au sujet du cambriolage, Jean de la Malaine partageait le repas d'Antoine Trudaine à Massotte. Il s'était invité de sa propre initiative, ce qui n'arrivait jamais, à la suite de plusieurs journées chargées de tristes ruminations.
Cet été torride n'en finissait pas. La campagne était calcinée. Ils installèrent comme d'habitude la petite table ronde en plastique blanc à quelques pas du potager.
- Je t'ai préparé une salade composée à base de blancs de poulet... Avec des tomates, du concombre, de l'estragon... du jardin !... Sers-nous un verre de vin. La bouteille est dans le frigidaire... Mais je suppose que tu n'es pas venu dans le seul but d'admirer mes talents de cuisinier ?
- Bien sûr que non... Quoique j'apprécie toujours ta cuisine, savoureuse comme ton amitié... Antoine... Ma vie devient insupportable. J'ai cru pouvoir exercer la prêtrise malgré un rejet du dogme de plus en plus radical  C'est faux. Je suis en porte à faux avec tous les moments de la liturgie, et avec moi-même constamment. Célébrer la messe, quand on a perdu la foi en tout ça, devient une gestuelle vide de sens... C'est creux, irréel, théâtral !... Un jour, je vais éclater de rire... D'un fou rire très triste.
- Tu pries quelques fois ?
- Non !   Comment veux-tu... Réfléchis !
- Veux-tu sortir de l'Eglise ?
- A plus de cinquante cinq ans ! Je n'ai la force, ni de rester, ni de partir. N'oublie pas, Antoine, que l'affection profonde que je porte à mes ouailles n'a pas faibli d'un pouce. L'absence de perspective à la vie humaine, je ne la ressens pas seulement pour moi ! Je vois dans une lumière crue ces hommes et ces femmes, naître et mourir sans aucun sens à leur vie... Et j'éprouve une compassion terrible... douloureuse... Quand Dieu t'abandonne, il ne reste que l'amour... C'est un peu paradoxal mon histoire... Je sais bien...
- Et les confessions ? Tu vis ça comment ?
- C'est moins affreux que la célébration de la messe... je peux écouter, pardonner, conseiller... Et faire semblant de donner l'absolution... Quoique mon avis, c'est qu'il n'y a rien à pardonner. Les hommes souffrent. Alors ils mentent, ils se battent, ils volent. S'ils sont jugés, après leur mort, sur leurs larmes et non sur leurs fautes, nous serons tous sauvés. C'est un grand écrivain roumain, Cioran, qui a formulé cette hypothèse magnifique.

- ...Qui présuppose un jugement dernier, je te le fais remarquer... Mais je t'écoute, Jean, avec une grande attention, et je suis stupéfié...
- De quoi ?
- De tout. Tu te rapproches de l'idéal évangélique au moment même où tu te détaches de l'Eglise.
- Exact. C'est lié... Tu as tout compris... Et tu peux nous offrir une glace à la noix de coco, répliqua le prêtre avec un sourire détendu, le premier depuis le début du repas.
Antoine apporta le dessert en disant :
D'après les bruits qui courent jusqu'à nous, Madeleine a une toison rouge carotte assez voyante, mais elle remonte la pente à tous points de vue...Tu es au courant ?
- Non... Enfin oui... Quelques propos ici ou là.
- J'en sais plus que toi dans ce cas : les enfants sont mieux soignés et bien nourris. Ils vont régulièrement à l'école et au foot le mercredi. Elle a maigri de quinze kilos et rajeuni de dix ans... De plus, les chapardages de volailles dans les fermes autour de chez elle, ont cessé comme par miracle... Tu sais l'idée qui prévaut ?
- Non.
- Qu'elle a payé ses dettes, pris de bonnes résolutions et cessé de picoler.
- Bonne nouvelle !
- Tu rigoles ou quoi ?
- Que veux-tu dire ?
- Jean !!! Suis un peu, je t'en prie... Elle a payé ses dettes... Avec quel argent ? Télé, frigo, bijoux... Où a-t-elle trouvé l'argent ?
- Aucune idée.
- Moi je sais pas mais je suppute...
- On peut savoir ?
- Ecoute : on vole ton bénitier. Madeleine se requinque dans les mois qui suivent ! Tu veux un dessin ?
L'abbé de la Malaine prit congé de son ami assez brusquement. La conversation avait pris un tour qui lui déplaisait vivement. Renfrogné, il repartit à toute allure vers le presbytère, plongé une fois de plus dans des réflexions cafardeuses.

08 décembre 2009

Pour en finir avec le travail

Après Vaneigem, Guy Debord...
Plaisir pour moi de retrouver ces puissants "théoriciens" sous la forme toujours jugée frivole et éphémère  d'une chanson...

Et pour sauter du coq à l'âne, à Malraux l'empaffé qui prétendait que la chanson était un art mineur, Brassens avait magistralement rétorqué : non, c'est un art trop souvent fait par des mineurs...

 


 

" Encore quelques beaux efforts,

Et disons qu'on se fait forts,

De régler radicalement,

L'problème social en suspens..."